J’ai interviewé : Robi

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Avec L’Hiver et la Joie, son premier album autoproduit, Robi s’impose comme une nouvelle voie sur la scène musicale hexagonale. Son univers tout en contrastes, sans concessions, et porté par une vraie aspiration à la liberté, est en train de se faire une place au soleil. Curieux comme je suis, j’ai eu envie d’en savoir plus…

Quels sont tes premiers souvenirs musicaux ?
Nous écoutions beaucoup de musique chez moi mais mon père était fou de jazz vocal en particulier, de soul et de blues. Mes premiers souvenirs c’est Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Nina Simone…

L’Hiver et la Joie, la pochette en noir et blanc… ton univers semble profondément marqué par les extrêmes. Qu’est-ce qui t’inspire dans ces contraires ? 

Je les habite tout simplement. Je suis quelqu’un de très extrême, de très contrasté. Peut être parce que je suis suis obsédée par la mort et la dimension si paradoxale qu’elle donne à la vie. La mort, seule, donne du sens à la vie, tout en la rendant absurde et anecdotique.

Est-ce que le fait d’avoir grandi en Afrique et à la Réunion a développé chez toi une obsession pour l’hiver ?

Oui, ou en tout cas un rapport très entier, très frontal avec lui. L’hiver est autre, il définit mes contours, il m’oblige à me défendre, à me battre, à me dépasser donc. Il cristallise mon rapport à l’effort. Je suis fascinée de constater que ce qui nait dans la douleur est souvent ce qu’il y a de plus beau et de plus fort. Et l’hiver est une douleur pour moi.

Je suis aussi fasciné par l’identité visuelle qui accompagne le disque. Est-ce que c’est quelque chose d’important pour toi ?
Elle l’est devenue. Du jour où j’ai décidé de m’approprier l’image, aidée en cela par mon compagnon, photographe et graphiste, et que j’ai décidé de m’en emparer plutôt que de la subir. Je me suis rendue compte de la richesse de la démarche et comme elle pouvait être un prolongement de l’écriture. C’est un geste de création à part entière.

Il y a une question qui me taraude depuis des jours. Sur la pochette, est-ce que tu te noies ou est-ce que tu sors de l’eau ? Je n’arrive pas à me décider. 

Moi non plus je n’arrive pas à me décider. C’est ce qui me parlait sur cette image de Frank Loriou. Cette tension, cette indécision, cette apesanteur, cette ambigüité. Elle me raconte bien.

Tu as travaillé en autoproduction sur cet album. C’est une grosse prise de risque. Pourquoi avoir fait ce choix ?
C’est le choix de la liberté artistique. Un choix qui se paye par beaucoup de travail et par la nécessité de mettre parfois les mains dans le moteur. Un choix possible grâce à Frank Loriou, co-producteur à mes côtés, dont l’énergie et l’intelligence sont rares. Mais ça donne sa réelle valeur à la vie de savoir à quel prix on la mène.

Les premiers retours sur l’album sont plutôt très bons. Quelles sont les prochaines étapes pour toi ?
Des dates, des dates, des dates, j’ai envie et besoin de tourner, de jouer et de composer sans discontinuer !

 
Photo : Frank Loriou

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