Nadah El Shazly, voyage hypnotique aux mille et une nuits

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Nadah El Shazly réussit le cocktail parfait entre musique égyptienne traditionnelle et sonorités avant-gardistes.

Nadah El Shazly et l’envie de zic-zaguer

Une nouvelle année commence et mes zic-zags se font de plus en plus espacés. Ce n’est pas que j’écoute moins de musique mais le plaisir se fait plus rare. Avec l’âge, il faut croire que je deviens difficile. Parfois, j’ai l’impression que rien ne me surprend, que j’ai déjà tout entendu. Peut-être que je roule trop droit, que je ne zic-zague plus assez. Et puis, quand je suis à deux doigts de tout plaquer, me survient un album comme celui de Nadah El Shazly.

Je ne sais pas combien de temps je continuerai encore à traduire la musique en mots. Je ne sais pas non plus sous quelle forme. Mais tant qu’il y aura des disques comme Ahwar, l’envie de tremper ma plume dans le son subsistera. D’une manière ou d’une autre.

Nadah El Shazly portrait

Une version moderne des mille et une nuits

Nadah El Shazly fait partie d’une scène indépendante égyptienne en pleine ébullition. Après des débuts dans un groupe de punk du Caire, spécialisé dans les reprises de Misfits, elle se tourne peu à peu vers la musique électronique.  L’histoire n’est pas si inhabituelle qu’il n’y paraît. En revanche, ce qui l’est davantage, c’est son premier album, paru en novembre 2017.

Ahwar est un disque venu d’ailleurs. Nadah El Shazly défie les genres et les époques pour proposer un son complexe, fusion de matériaux multiples. Des éléments de musique traditionnelle côtoient sans difficulté des sonorités modernes. Rock mystique, avant-garde, electronica, toutes les digues sont rompues. Les frontières s’effacent pour mieux laisser l’auditeur somnambuler dans un labyrinthe sonore intense et entêtant.

Au sommet de ce volcan en fusion, Nadah El Shazly serpente avec une étonnante sérénité. Même sans comprendre un mot d’Arabe, sa voix a quelque chose de rassurant et de captivant à la fois. Souvent, elle ondule, insiste plus que de raison sur une syllabe finale, comme si elle cherchait à faire durer le plaisir. On se croirait alors dans un rêve éveillé ou dans une adaptation contemporaine d’un conte des mille et une nuits.

Un petit détour par ici ?

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