Le groupe que les autres écouteront dans un an – Ep.41 : Fierce Creatures

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Plus je suis l’actualité de la musique et plus je m’interroge sur l’industrie musicale. Les rapaces sont déjà en train de s’exciter sur la dépouille encore fumante de Whitney Houston, triste résultat d’un succès commercial trop vite arrivé, alors qu’à l’autre bout du tunnel, des groupes extrêmement talentueux en sont encore à faire la tournée des bars locaux ou à solliciter des fonds pour réaliser un album ou financer une tournée. Une chance pour les jeunes groupes qu’il existe des plateformes comme SoundCloud ou Bandcamp qui leur permettent de toucher un public plus large. La variété et la qualité de l’offre sur Bandcamp me laisse le plus souvent bouche bée et m’incite à penser que rarement la création musicale a été aussi foisonnante. Rendre la musique plus accessible tout en diminuant le nombre d’intermédiaires entre les groupes et ceux qui les écoutent, voilà qui devrait faire réfléchir les majors, bien trop engluées dans leur logique mercantile. Heureusement aussi que la mélomanie fonctionne par capillarité. J’ai dit hier tout le bien que je pensais de Coast Jumper. J’ai même gagné leur amour en devenant leur 500ème fan sur Facebook. Et comme ils ne tarissaient pas d’éloges sur un groupe ami appelé Fierce Creatures, j’ai tenté le coup. Bien m’en a pris car Fierce Creatures, c’est tout simplement énormissime. Donnez moi une valise de billets, je crée une maison de disques et je signe ce groupe tout de suite. Car franchement, ces sept créatures féroces sont peut-être bien le meilleur groupe du monde…
Tout a commencé au début des années 2000 quand le bassiste Nathaniel Stiers a rencontré le guitariste et chanteur Mathr DeLeon, bientôt rejoints par le batteur Tomas Galvan puis par le reste de la troupe pour former cet animal hybride à sept têtes pensantes qu’est désormais Fierce Creatures. Tous les choix, qu’il s’agisse des paroles ou de la structure des morceaux, mais aussi, sur un autre registre, de la production, de la promotion ou du management, sont le fruit d’une collaboration démocratique entre les sept membres du groupe. C’est sans doute ce qui donne à Fierce Creatures autant de force créatrice et de cohésion. D’abord auréolés d’une gloire locale dans la Vallée Centrale de Californie, due à leur incroyable mais aussi à leur engagement notoire en faveur de causes humanitaires, les Créatures Féroces ont mis les bouchées doubles et, avec leur premier EP, I Mostri Feroci, sorti en juillet 2010, sont venus caresser les oreilles sensibles des blogueurs musicaux dans le sens du poil.
Il faut dire que pour un EP auto-produit, I Mostri Feroci frise la perfection. Musicalement à mi-chemin entre Fanfarlo et Arcade Fire, avec son monde peuplé de fantômes et de vampires, I Mostri Feroci plonge l’auditeur dans un décor évocateur qui demeure cohérent malgré la diversité des morceaux. La volonté affichée du groupe de créer une musique qui résistera à l’épreuve du temps transparaît dans des orchestrations de haute voltige, des arrangements soignés et des harmonies vocales parfaites. La production est tellement impeccable qu’on en oublierait presque que le disque est auto-produit. Bref, j’ai beau chercher. Je ne vois qu’un seul défaut sur cet EP : il est beaucoup trop court. Quand je découvre, après ça, que le groupe a dû faire appel à la bonne volonté des internautes pour soulever des fonds afin de réaliser un album, les bras m’en tombent. Mesdames, Messieurs des maisons de disque, sortez vous les doigts des fesses! Ce groupe est monstrueux. Pour ceux qui aiment vraiment la musique, le disque devrait être disponible en avril prochain. Je vais avoir du mal à contenir mon impatience jusque là. Et vous aussi, d’ailleurs! Pour vous faire patienter, je vous mets ci-dessous I Mostri Feroci en écoute intégrale (ce qui ne vous dispense par d’aller l’acheter sur leur page Bandcamp).

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